un poème de Marie-Rose Delavey

LE MOT FINAL


Ne te retourne pas, ne cherche pas la trace,
Le reflet vacillant d’un bonheur éclaté.
L’ombre mauve envahit le silence et l’espace
Où se niche l’oubli d’un fabuleux été. 

Je t’ai cherché suivant les heures dans leur ronde
Parmi les brins épars du désenchantement.
Dans la pérennité de la pierre et de l’onde,
Je te reconnaîtrais si tu changeais vraiment.

J’ai tendu les deux mains pour saisir ce qui reste
Du glissement des nuits et des jours écoulés
Afin d’interroger dans cet ultime geste
Les multiples soleils des miroirs affolés.

Dans la complexité du destin qui la ronge,
La femme désapprend le langage ancestral.
L’Amour est éternel, éphémère est le songe.
Laisse au vent inspiré dire le mot final.