Jean Deschamps au Français

IL Y A 50 ANS DANS « LE MONDE »

 
Article paru dans l'édition du 23.12.06





A l'occasion du trois cent dix-septième anniversaire de la naissance de Racine, Jean Deschamps a fait hier soir vendredi 21 décembre ses débuts à la Comédie-Française dans le rôle de Titus, auprès d'une Bérénice aussi tendre amoureuse qu'émouvante exilée : Mme Annie Ducaux.

Jean Deschamps fut très applaudi. Comme il le méritait. Voilà déjà longtemps que nous connaissons cet acteur - toutes proportions gardées car il est jeune encore -, ce nouveau pensionnaire. Nous l'avons applaudi surtout au Théâtre national populaire, où ses créations dans la Mort de Danton (Hérault de Séchelles), Don Juan (Don Carlos), Richard II (Bolingbroke), Ruy Blas (Don Salluste), Macbeth (Banco), ou Marie Tudor (Gilbert) appelèrent de nombeux éloges.

Jean Deschamps fut hier soir, selon la mise en scène de Maurice Escande, un Titus déchiré, cela va de soi, mais qui sut bien nous en convaincre, renonçant pour le faire à cette excessive économie de moyens qu'une trop grande exigence de sobriété impose à d'autres interprètes.

Lui reprocherons-nous d'accorder à certaines syllabes, à quelques hémistiches, une résonance insolite ? Habitué à l'immense vaisseau de Chaillot, il saura modérer cette fougue soudaine ; elle fait merveille, on doit le dire, aux grands moments qui le voient balancer entre son amour et sa gloire.

Henry Magnan